Roger NIKIÈMA
Description
Timbila Roger Théodore NIKIÈMA, connu sous le nom de Roger NIKIÈMA fut un grand homme des media et de la culture. Il a tracé la voie à la radio à qui il a prêté sa voix pendant de longues années. Pionnier du journalisme au Burkina Faso, Roger NIKIÈMA a été formé en France à ce métier. En effet, en 1962, il entra au Studio Ecole de l’office de coopération radiophonique (OCORA), Maisons Lafitte Paris d’où il sortira en 1963 avec le Diplôme d’animateur et de producteur radio. Deux années plus tard, soit en 1965, il décroche le Diplôme d’animation radiophonique pour le développement rural au Studio Ecole de la Radio Israélienne. En sus, toujours en lien avec le métier de journaliste, il fréquente de 1969 à 1973 l’université Cheick Anta Diop, l’université Paris II et l’Institut international de la communication de Montréal, et en sortit auréolé du Diplôme supérieur de journalisme/ Option radio télé
Au regard de ses performances, et armé de moult savoir-faire matérialisés par les diplômes, Roger NIKIEMA eut une brillante carrière au cours de laquelle il se verra confié plusieurs responsabilités. Ainsi, de sa carrière à la fonction publique, on retiendra essentiellement :
– 1965 : Animateur et producteur à la radio nationale et Chef du service des informations
– 1967 – 1969 : Directeur de la radio et de la télévision nationales
– 1976 – 1984 : Chef de service de l’information de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (C.E.A.O.)
– 1984 – 1985 : Correspondant de presse dans les provinces de l’Est
– 1985 – 1987 : Directeur de la Télévision Nationale du Burkina
Roger NIKIÈMA ne s’est pas contenter d’accomplir ses tâches professionnelles imputables à son statut de fonctionnaire de l’Etat burkinabè. Il s’est mis au service de sa société et de son continent. Ainsi, en marge de ses tâches de fonctionnaire, il joué d’autres rôles au profit de sa société, du continent et du monde. De 1970 à 1980, il fut correspondant du journal Jeune Afrique au Burkina, et de 1980 à 1996, il fut correspondant au Burkina concomitamment de BBC, de RFI, de la Deutsche Welle, de la Radio Nederland.
Convaincu que le journaliste peut jouer un grand rôle dans le développent, et que la radio est un puissant facteur de développement, il crée en 1976 l’émission radiophonique “Un pas pour le développement ‘’ qu’il anime jusqu’en 1984. Durant la même période, il crée et anime la revue “Intégration Africaine’’ à la CEAO. Admis à la retraite en 1988, Roger NIKIEMA s’investit encore plus dans les actions à même de générer le développement. Il fonde en 1989 l’Association Galian pour le développement communautaire.
En 1996, il fonde la radio SALANKOLOTO, la toute première radio associative du Burkina. Elle qui émet en FM à partir de Ouagadougou et consacrée à la culture. En effet, après sa retraite administrative de la fonction publique burkinabè, Roger NIKIEMA se montre particulièrement actif sur le plan associatif. Il crée avec des camarades, l’Association Galian qui porte le projet de radio SALANKOLOTO qui voit le jour le 27 novembre 1996 à Ouagadougou. Cette radio fut pendant longtemps la seule radio associative de Ouagadougou. Sa particularité est l’utilisation des langues nationales pour communiquer avec ses auditeurs. Salankoloto est un nom (en mooré) interpellateur tiré du terroir burkinabè. C’est un personnage imaginaire omniscient qui revêt le costume de sage, de conseiller dans les contes et autres histoires merveilleuses populaires.
L’amour de Roger NIKIEMA pour la culture s’est également exprimé à travers la création littéraire. En effet, Roger NIKIEMA n’a pas été seulement un homme de papier, il a aussi été un homme de lettres. Adamou (2023) dira de lui, lors de la cérémonie d’hommage qui lui a été rendu lors de la dix-septième édition de la Foire internationale du Livre de Ouagadougou tenue en novembre 2023 ceci : « Roger Nikiéma occupe indéniablement une position dominante dans le champ littéraire national du fait de son statut de génial pionnier qu’il s’agisse dans le domaine de la prose (roman et nouvelle) ou de la versification (poésie pour enfants) ». L’homme est auteur d’œuvres à succès. Sa bibliographie se présente comme suit :
– Dessein contraire, roman, Ouagadougou, imprimerie des Presses africaines, 1966
– Deux adorables rivales, nouvelle, Yaoundé, éditions Clé, 1971
– Le soleil de la terre, Yaoundé, éditions Clé, 1971
– Mes flèches blanches, poésie pour enfant, Ouagadougou, imprimerie presses africaines, 1981 (poésie pour enfants)
– Le rêve de Macalou, poésie, Institut culturel africain de Dakar
– L’Hier de Koss-Yam, roman, Éditions Jethro SA, 2012
Son roman intitulé Dessein contraire publié en 1966 lui confère de facto le titre honorifique de deuxième romancier de la Haute-Volta (du Burkina) après Nazi BONI et son Crépuscule des temps anciens paru en 1962. Après donc 1962, il a fallu attendre cinq ans pour voir paraître le deuxième roman burkinabè.
Au moment où il rangeait définitivement sa plume le 15 décembre 2021, l’homme pouvait se prévaloir de deux distinctions honorifiques :
– Commandeur de l’Ordre National
– Médaillé d’argent du mérite du travail du Burkina
Ces distinctions de par leur qualité (notamment celle de Commandeur) sont révélatrices de l’action que Roger NIKIÈMA a portée au profit de son pays, du contient et de l’humanité entière.
Détails

Nom : NIKIÈMA
Prénom : Timbila Roger Théodore
Statut : Journaliste/ écrivain
Date et lieu de naissance : 1935 à Kognoudou dans la province du Bazèga
Date de décès : 15 décembre 2021
Nationalité/Citoyenneté : Burkinabè
Nom du domaine d’excellence: Arts & culture
Étendue du domaine d’excellence : International
