Présentation
Laabli Moustapha Thiombiano, né le 16 octobre 1946 à Fada N’Gourma et décédé le 6 avril 2020 à Ouagadougou, est une figure majeure de la culture, des médias et du spectacle au Burkina Faso. Artiste, homme de médias et promoteur culturel, il est considéré comme l’un des pionniers du showbiz et de la communication culturelle en Afrique de l’Ouest. Après un séjour aux États-Unis, il revient au Burkina Faso avec un esprit d’innovation et de créativité qui influencera durablement le secteur culturel. Il contribue à la mise en place d’un système de protection des droits des auteurs et créateurs en inspirant la création du Bureau voltaïque du droit d’auteur (BVDA), devenu plus tard le Bureau burkinabè du droit d’auteur (BBDA). Durant la Révolution burkinabè, il joue un rôle important dans l’ouverture culturelle du pays. Pour le premier anniversaire de la Révolution en 1984, il réussit à convaincre le président Thomas Sankara d’inviter la superstar du reggae Jimmy Cliff à Ouagadougou, événement qui marque l’histoire culturelle du pays. Précurseur du showbiz international au Burkina Faso, Laabli Thiombiano organise la venue de nombreuses stars africaines et internationales telles que Alpha Blondy, Aïcha Koné, Nayanka Bell, Burning Spear, Salif Keita, Manu Dibango ou encore Lucky Dube. Lors de l’édition 1987 du FESPACO, il introduit plusieurs innovations majeures, notamment la création de la rue marchande devenue un espace central du festival. Il contribue également à l’animation culturelle de la capitale avec des initiatives originales comme l’installation d’Ouaga Beach sur les rives du barrage de Ouagadougou et l’organisation de courses de pirogues. Visionnaire, il participe également à la création des médias privés au Burkina Faso en lançant une radio FM puis une chaîne de télévision, TVZ. Artiste compositeur talentueux, il laisse également une œuvre musicale qui témoigne de sa créativité. Par son engagement et ses initiatives audacieuses, Laabli Thiombiano a contribué à moderniser l’industrie culturelle burkinabè et à renforcer le rayonnement international de la culture africaine.