Présentation
Mogho Naaba Koom II fut l’un des souverains marquants du royaume mossi au début du XXe siècle. Né en 1889, il régna durant une période marquée par les bouleversements de l’administration coloniale en Afrique de l’Ouest. En 1919, le territoire de la Haute-Volta est créé par l’administration coloniale française. Toutefois, en 1932, ce territoire est dissous pour des raisons économiques et administratives, puis réparti entre plusieurs colonies voisines : le Soudan français (actuel Mali), la Côte d’Ivoire et le Niger. Cette dislocation est vécue comme une profonde humiliation par les populations voltaïques, d’autant plus que le territoire est alors considéré comme un simple réservoir de main-d’œuvre pour les grandes plantations et projets coloniaux. Face à cette situation, Mogho Naaba Koom II se mobilise avec d’autres souverains traditionnels, notamment les rois de Tenkodogo et du Yatenga, pour dénoncer les abus liés aux transferts forcés de main-d’œuvre vers le Soudan français (Office du Niger) et vers la Côte d’Ivoire. Il milite activement pour la reconstitution du territoire de la Haute-Volta et s’appuie sur le soutien d’intellectuels et d’hommes politiques de l’époque, notamment Henri Guissou et Philippe Zinda Kaboré. Mogho Naaba Koom II décède en 1942 avant d’avoir vu aboutir ce combat. Son fils et successeur, Mogho Naaba Sagha II, poursuivra cette œuvre. En 1947, la Haute-Volta est finalement reconstituée, avec Bobo-Dioulasso comme capitale administrative. L’action de Mogho Naaba Koom II reste un symbole fort de la défense de l’identité territoriale et politique de la Haute-Volta.