Jacques Prosper BAZIÉ
Description
Jacques Prosper BAZIÉ est une grande figure de la communication et de la culture au Burkina Faso. Titulaire d’un D.E.A. en Lettres Modernes et d’un D.E.A. en journalisme obtenus à l’Université Paris II, Jacques Prosper BAZIÉ a soutenu une thèse de Doctorat de troisième cycle à l’Université de Bordeaux II sur le thème, La presse écrite et sa diffusion au Burkina : synthèse historique et évolution socio-politique de la IIIe République au 4 août 1983.
Concernant sa carrière professionnelle, Jacques Prosper BAZIÉ entra dans la fonction publique de son pays comme journaliste, d’abord à la Radiodiffusion nationale du Burkina, puis à la Direction Générale de la Presse Écrite. Mais sa carrière professionnelle sera vite enrichie d’autres expériences.
– De 1988 à 1990 : Directeur des Arts du Spectacle et des Lettres au Secrétariat d’État à la Culture.
– De 1990 à 1992 : Agent au Secrétariat Général du Ministère de l’Information et de la Culture.
– De 1992 à 1995 : Conseiller Technique, puis Secrétaire Général au Ministère de la Communication.
– De 1995 à 1997 : Directeur Général de la Recherche, de la Formation et des Stages au Ministère de la Communication et de la Culture.
– De 1997 à 1999 : Directeur Général de l’Institut des Peuples Noirs (I.P.N).
– De 1999 à 2005 : Conseiller culturel à l’Ambassade du Burkina Faso au Canada.
– De 2007 à 2014 : Conseiller Technique du Ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme.
Mais le service rendu par Jacques Prosper BAZIÉ en matière de communication et de culture ne s’est pas limité à ses obligations professionnelles imputables aux fonctions ci-dessus énumérées. En effet, l’homme est connu pour son don de soi qui va au-delà de ses obligations professionnelles. Aussi le verra-t-om assurer les tâches suivantes :
– enseignement au Centre International d’Etudes en Radio Rurale de Ouagadougou (CIERRO) en 1987, et au Centre de Formation Professionnelle de l’Information (C.F.P.I.) en 1992 ;
– enseignement en techniques d’expression et en sociologie de la communication ;
– présidence du Comité National d’Organisation de la Semaine Nationale de la Culture en 1990 ;
– participation au jury en qualité de membre du Grand Prix Littéraire du Président du Faso en 1996 ;
– présidence du jury du GPNAL en 1998 ;
– archivage des documents de la Foire Internationale du Livre de Ouagadougou (FILO), de 2000 à 2010 ;
– gestion du Festival National des Arts du Spectacle du Secondaire et du Supérieur (FNASS) ;
– gestion du Prix du Meilleur Spectacle à l’Ecole Primaire (PMSEP) ;
– conception de projets culturels ;
– évaluation des programmes ;
– gestion administrative de structures culturelles ;
– animation d’équipe de recherche ;
– élaboration de supports d’information dans les secteurs de la culture ;
– couverture et supervision de projets culturels.
En marge de sa carrière professionnelle, Jacques Prosper BAZIÉ a eu une riche carrière d’écrivain. Comme l’écrit Henriette NIKIÈMA/NANA (2019, p. 376) , il croyait en l’écrit qu’il considérait comme « un moyen d’accéder au savoir, de s’instruire, de se cultiver et d’être ouvert aux autres peuples ». Écrivain des plus prolifiques de sa génération, Jacques Prosper BAZIÉ est auteur d’une production littéraire éclectique.
– Poésie
Jacques Prosper a publié cinq recueils de poèmes dont deux primés à la Semaine Nationale de la Culture (SNC), à travers le Grand Prix National des Arts et des Lettres (GPNAL). Il est d’ailleurs, dans la catégorie poésie, le tout premier lauréat de ce concours institué en 1983.
Orphelins des collines ancestrales, in Poésie du Burkina, Ouagadougou, Imprimerie Nouvelle du Centre, 1995, 1er prix du premier Grand Prix National des Arts et des Lettres (GPNAL) 1983.
La saga des immortels, Ouagadougou, Imprimerie des Presses Africaines, 1987, 1er prix du troisième GPNAL, 1986.
Agonie de Gorom-Gorom, éditions Dasl, Kraal, 1992
Aux miradors de l’espérance, Ouagadougou, Imprimerie Presses Africaines, 1992.
Parchemins migrateurs, Ouagadougou, éditions Kraal, 2011.
– Roman
Il a publié deux romans à succès de son vivant qui ont fait l’objet de plusieurs travaux scientifiques.
La dérive des Bozos, Ouagadougou, éditions Kraal, 1988.
L’épave d’Absouya, Ouagadougou, Imprimerie Presses Africaines, 1995. 2e prix de la deuxième édition du Concours Imprimerie Nationale du meilleur roman, 1992.
– Nouvelle
À en juger par le nombre de livres édités, la nouvelle apparaît comme le deuxième genre de Jacques Prosper BAZIÉ, derrière la poésie. Il en a publié quatre livres entre 1983 et 2011.
L’agonie des greniers, in Nouvelles du Burkina, Ouagadougou, Imprimerie Nouvelle du Centre, 1985, 2e prix du premier GPNAL, 1983.
Crachins de Rissiam, Ouagadougou, Le Nordir, 2002.
Croquis de Panguin, Ouagadougou, éditions Kraal, 2004.
Pangée de campements, Ouagadougou, éditions Kraal, 2011
– Théâtre
Jacques Prosper BAZIÉ a publié une seule pièce de théâtre publiée ; elle parle d’un personnage historique bien connu dans la sous-région en matière de résistance au colon : Tioffo AMORO.
Amoro, in Théâtre du Burkina, Ouagadougou, Imprimerie Nouvelle du Centre, 1988, 1er prix du troisième GPNAL, 1986.
conte
Cantiques des soukala, in Contes du Burkina, Ouagadougou, Imprimerie des Presses Africaines, 1987, 2e prix du GPNAL, 1986.
Syllabaire de civière, Paris, Imprimerie Chazelle, 1989.
Essai
Nazi Boni, le Moïse du Bwamu, Ouagadougou, éditions Kraal, 2014.
Amoro, Ouagadougou, éditions Kraal, 2009.
Une riche bibliographie qui montre que Jacques Prosper BAZIÉ avait une plume alerte. Pour avoir remporté trois fois le premier prix du GPNAL, il fut se vit attribué le titre honorifique d’Artiste du peuple », par la SNC. À sa disparition le 30 septembre 2014, Jacques Prosper BAZIÉ comptait seize œuvres publiées, soit cinq recueils de poèmes, deux romans, quatre recueils de nouvelles, une pièce de théâtre, deux recueils de contes, et deux essais. L’état des lieux des distinctions reçues montre qu’il a excellé dans plusieurs genres littéraires : trois fois lauréats, soit deux fois en poésie et une fois en théâtre ; trois deuxièmes prix à raison d’un en roman, un en nouvelle et un en conte. Son amour des lettres l’a conduit à s’impliquer dans les organisations des écrivains. Il a en effet été membre fondateur de plusieurs associations et regroupements d’écrivains dont l’Union des Gens de Lettres du Burkina (UGEL), la Mutuelle pour l’Union et la Solidarité des Ecrivains (MUSE), la Société des Auteurs, des Gens de l’Écrit et des Savoirs (SAGES). Ce dynamisme dans le monde associatif s’étend à la jeunesse dont il avait à cœur la formation et l’encadrement. Son engagement au sein du mouvement Scout a été pour lui un tremplin pour l’éducation de la jeunesse burkinabè. Il était depuis 1994 Commissaire Général des Scouts du Burkina Faso suite à l’obtention en 1979 du Brevet International de Formateur, à Janville en France.
Pour donner plus de plénitude à son engagement pour la littérature, Jacques Prosper a promu l’édition à travers les éditions du KRAAL dont il était le principal promoteur. Cela lui a permis de renforcer son action au profit du développement et de la visibilité du livre au Burkina Faso. L’un des constats est dans ses écrits, Jacques Prosper BAZIÉ n’érige pas de frontières entre les peuples. Il dévoile les difficultés de tous les peuples, de quelque contrée que ce soit. L’écrivain Jacques Prosper BAZIÉ répond présent partout où on a besoin de lui. C’est au regard de cette omniprésence aux côtés de ceux qui souffrent que Parfait ILBOUDO (2023) le rattache au concept de poète-tournesol. Pour lui, Jacques Prosper BAZIÉ puise ses matériaux littéraires de sa culture pour exprimer les problèmes du monde entier. Il porte son action sur plusieurs pays se trouvant sur différents continents. À l’image du tournesol qui suit le soleil, le regard du poète BAZIE suit les difficultés de l’humanité. C’est en cela que Jacques Prosper BAZIÉ est un poète-tournesol.
L’Étoile Jacques Prosper BAZIÉ est un journaliste qui a servi à la Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB) et aux Éditions Sidwaya. Puis il s’est investi pour la communication et la culture à travers les hautes fonctions qu’il a occupées au sein du ministère en charge de la communication et de la culture. Auteur de seize livres publiés dans presque tous les genres littéraires (poésie, nouvelle, conte, roman, théâtre, essai), Jaques Prosper BAZIÉ est un monument tant du journalisme que de la littérature burkinabè. Il a excellé dans chacun des genres littéraires où il a publié, en témoigne le constat que l’écrivain a été primé dans chacun de ces genres littéraires. Outre son titre d’Artiste du peuple décerné par la SNC, Jacques Prosper BAZIÉ a été consacré Artiste du cinquantenaire en 2010 à l’occasion de la célébration du cinquantième anniversaire de l’indépendance du Burkina Faso. Pour les inestimables services rendus à la nation par ses fonctions et par ses créations diverses, Jacques Prosper BAZIÉ a reçu plusieurs distinctions honorifiques, à tire anthume et à titre posthume.
– Chevalier de l’Ordre du Mérite des Arts des Lettres et de la Communication (distinction reçues quatre fois)
– Chevalier de l’Ordre National
Homme de communication et de culture, Jacques Prosper BAZIÉ a consacré sa vie à promouvoir le journalisme et la culture burkinabè. Cela s’est fait à travers ses écrits, les différentes fonctions qu’il a occupées et qui lui permis d’imprimer sa vision, et à travers son dynamisme dans le monde associatif. A travers le mouvement Scout, il a contribué de façon fort remarquable à l’éducation de la jeunesse et à l’animation de la vie sociale.
Détails

Nom : BAZIÉ
Prénom : Jacques Prosper
Statut : Journaliste/ Écrivain
Date et lieu de naissance : 21 mars 1955 à Ouagadougou
Date de décès : 30 septembre 2014
Nationalité/Citoyenneté : Burkinabè
Nom du domaine d’excellence Art & cultureÉtendue du domaine d’excellence : International
