Présentation
Drissa Koné, né le 13 juin 1938, est un auteur-compositeur et entrepreneur culturel burkinabè considéré comme l’un des pionniers de la musique moderne dans l’ouest du Burkina Faso, particulièrement dans la ville cosmopolite de Bobo-Dioulasso. Passionné de musique et de culture, il joue un rôle central dans l’émergence de la scène musicale moderne dans la période post-indépendance. Après une formation militaire de base à Kankan en Guinée, il intègre l’armée coloniale en 1952 et sert au Sénégal et en Mauritanie. Après sa démobilisation, il retourne à Bobo-Dioulasso où il met en pratique ses compétences techniques en automobile. Grâce à un certificat interarmes d’outre-mer en entretien automobile acquis dans l’armée française, il ouvre en 1964 la première auto-école de la ville : « Bobo Auto-École », une initiative pionnière dans la région et probablement l’une des premières du pays. Mais sa passion pour la musique le conduit très tôt à s’intéresser aux instruments et à jouer dans des orchestres locaux, notamment le groupe « Tropic Jazz ». En 1954, profitant du départ en Côte d’Ivoire de Jean Bordas, propriétaire de l’orchestre, Drissa Koné rachète les instruments et fonde un nouvel ensemble musical : le mythique orchestre « Volta Jazz ». Grâce à ses prestations et aux concours remportés, Volta Jazz acquiert rapidement une renommée internationale. Le groupe compte parmi ses membres des figures marquantes de la musique burkinabè, notamment Georges Ouédraogo, surnommé le Gandaogo national, et Tidiane Coulibaly, chanteur principal du groupe. L’orchestre se distingue par un style musical original mêlant rumba congolaise, R&B américain, yé-yé français, salsa cubaine et sonorités traditionnelles sénoufo et mandingue. Dans les années 1960 et 1970, période des indépendances africaines, Volta Jazz devient l’un des groupes les plus populaires du continent. Composé d’une douzaine de musiciens et chanteurs, l’orchestre marque durablement l’histoire de la musique burkinabè et africaine. En reconnaissance de son engagement pour la culture, une salle du Palais de la Culture de Bobo-Dioulasso porte aujourd’hui son nom, tout comme le centre culturel « Les Bambous Drissa Koné ».