Fiche Étoile

Ababacar SAMB MAKHARAM

Comédien, réalisateur et militant du cinéma africain
Citoyenneté et panafricanisme Cinéma et panafricanisme culturel national • continental • international

Pionnier du cinéma africain post-indépendance, Ababacar Samb Makharam a défendu l’émergence d’un cinéma autonome, pensé et réalisé par des Africains, tout en jouant un rôle important dans la structuration panafricaine du secteur.

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Ababacar SAMB MAKHARAM

Présentation

Ababacar Samb Makharam appartient à cette génération de pionniers qui ont compris très tôt que la décolonisation de l'Afrique devait également passer par la culture, l'image et le cinéma. Né au Sénégal en 1939, il devient comédien, réalisateur et acteur majeur du mouvement cinématographique africain naissant. Mais son combat dépasse le cinéma. Pour lui, créer était aussi un acte de liberté. UNE GÉNÉRATION QUI VEUT REPRENDRE LA PAROLE Au lendemain des indépendances africaines, le cinéma du continent reste largement dominé par des productions étrangères. Les Africains sont souvent représentés par des regards venus d'ailleurs. Une génération de jeunes cinéastes refuse progressivement cette situation. Parmi eux figurent notamment Ousmane Sembène, Ababacar Samb Makharam, Paulin Soumanou Vieyra et d'autres pionniers du cinéma africain. Leur ambition est claire : faire émerger un cinéma africain pensé, écrit et réalisé par des Africains. Makharam devient l'un des acteurs importants de ce combat. DE LA COMÉDIE AU CINÉMA Ababacar Samb Makharam commence son parcours artistique comme comédien. Il se forme notamment en Italie, au Centro Sperimentale di Cinematografia de Rome, où il étudie le cinéma. Cette formation lui permet d'acquérir une maîtrise technique du langage cinématographique. Mais il ne revient pas en Afrique pour simplement reproduire les modèles européens. Il veut utiliser les outils du cinéma pour raconter les réalités africaines. « KODDU » : UNE ŒUVRE ENGAGÉE En 1971, il réalise Kodou, son premier long métrage. Le film raconte le destin d'une jeune femme sénégalaise confrontée aux normes sociales et aux traditions. À travers cette histoire, Makharam explore notamment : la condition féminine ; les pressions sociales ; les traditions ; le poids du regard collectif ; et les contradictions d'une société en transformation. Le film devient une œuvre importante du cinéma sénégalais de cette période. « JOM » : LA DIGNITÉ COMME VALEUR Son autre œuvre majeure est Jom, réalisée en 1981. Le mot « Jom », dans la culture wolof, renvoie notamment à des notions telles que la dignité, le courage, l'honneur et la capacité à rester debout face à l'épreuve. Ce choix n'est pas anodin. Il correspond profondément à la philosophie de Makharam. Son cinéma cherche à rappeler que les sociétés africaines possèdent leurs propres valeurs, leurs propres références et leur propre conception de la dignité. Le cinéma devient ainsi un outil de mémoire et d'affirmation culturelle. UN MILITANT DU CINÉMA AFRICAIN Makharam ne se contente pas de réaliser des films. Il milite également pour le développement d'un véritable espace cinématographique africain. Il participe notamment à la création et au développement de structures professionnelles permettant aux cinéastes africains de mieux défendre leurs intérêts. Il devient également secrétaire général de la Fédération panafricaine des cinéastes (FEPACI). Cette fonction est particulièrement importante. La FEPACI a pour ambition de fédérer les professionnels du cinéma africain et de défendre les intérêts du cinéma du continent. Makharam comprend que le cinéma africain ne pourra réellement se développer que si les Africains s'organisent eux-mêmes. UN COMBAT QUI DÉPASSE LE SÉNÉGAL Son engagement n'est donc pas seulement sénégalais. Il est panafricain. Son travail s'inscrit dans une époque où les intellectuels et artistes africains cherchent à construire une véritable identité culturelle postcoloniale. Le cinéma devient alors un terrain de bataille essentiel. Il faut produire. Il faut diffuser. Il faut former. Il faut préserver. Et surtout : il faut raconter l'Afrique avec des Africains derrière la caméra. LA CULTURE COMME ACTE CITOYEN C'est précisément pour cette raison que sa place dans la catégorie : CITOYENNETÉ & PANAFRICANISME est particulièrement pertinente. Makharam considère la culture comme une responsabilité. L'artiste n'est pas seulement celui qui divertit. Il peut aussi : éveiller les consciences ; défendre la dignité ; questionner les injustices ; préserver la mémoire ; et contribuer à construire une identité collective. Cette vision reste profondément actuelle. UN HOMME DE RÉSEAU ET DE TRANSMISSION Makharam appartient à une génération de pionniers qui ont contribué à créer les fondations du cinéma africain moderne. À une époque où les moyens financiers et techniques étaient limités, ces hommes et ces femmes ont dû construire presque simultanément : les films, les institutions, les réseaux professionnels et le public. Leur combat a permis aux générations suivantes de disposer d'un terrain plus favorable. C'est une dimension importante de son héritage : il n'a pas seulement produit des œuvres ; il a contribué à construire un écosystème. UNE VIE AU SERVICE DU CINÉMA AFRICAIN Ababacar Samb Makharam meurt en 1987, à l'âge de 48 ans. Sa disparition intervient alors qu'il reste encore beaucoup à construire pour le cinéma africain. Mais son influence ne disparaît pas avec lui. Ses films, son engagement institutionnel et son combat pour une création cinématographique africaine indépendante continuent de nourrir la mémoire du cinéma du continent. CE QU'IL LAISSE AUX ENFANTS D'AFRIQUE Son histoire peut se résumer par une idée simple : La liberté politique ne suffit pas si l'on ne possède pas aussi la liberté de raconter son histoire. Il enseigne aux jeunes Africains que la culture n'est pas un luxe. Elle est une composante de l'identité. Elle peut devenir un instrument d'émancipation. Et le panafricanisme ne se construit pas uniquement dans les discours politiques. Il peut également se construire : dans un film, une chanson, un livre, une œuvre, une langue, une mémoire partagée. POURQUOI ABABACAR SAMB MAKHARAM MÉRITE UNE ÉTOILE ? Parce qu'il fut l'un des pionniers du cinéma africain post-indépendance. Parce qu'il a réalisé des œuvres majeures comme Kodou et Jom. Parce qu'il a utilisé le cinéma pour interroger les traditions, la dignité, les rapports sociaux et la condition humaine. Parce qu'il a défendu l'émergence d'un cinéma africain autonome. Parce qu'il a joué un rôle important au sein de la Fédération panafricaine des cinéastes (FEPACI). Parce qu'il a compris que le développement du cinéma africain nécessitait aussi une organisation collective à l'échelle du continent. Mais surtout parce qu'il a défendu une idée qui devrait rester gravée dans la mémoire africaine : Un peuple qui ne raconte pas lui-même son histoire risque de voir son histoire racontée par les autres. ABABACAR SAMB MAKHARAM LE CINÉASTE. LE MILITANT. LE PANAFRICANISTE. LE DÉFENSEUR DE LA DIGNITÉ. SON ÉTOILE HONORE UN PIONNIER QUI A COMPRIS QUE LE CINÉMA POUVAIT ÊTRE BIEN PLUS QU'UN ART : UN OUTIL DE DIGNITÉ, DE MÉMOIRE, D'ÉMANCIPATION ET DE CONSTRUCTION PANAFRICAINE.

Identification
Nationalité
Sénégalais
Naissance
1939 • , Sénégal
Décès

Domaine d’excellence
Cinéma, émancipation culturelle et panafricanisme
Étendue : national • continental • international

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