Présentation
Monique ILBOUDO est une juriste et écrivaine burkinabè née en 1959 à Ouagadougou. FORMATION JURIDIQUE ET CARRIÈRE UNIVERSITAIRE Elle étudie le droit à l’Université de Ouagadougou et obtient en 1983 une maîtrise en droit privé. Elle poursuit ensuite ses études en France à l’Université Lille II, où elle obtient en 1985 un diplôme d’études supérieures de droit privé. Elle obtient ensuite un doctorat en droit privé à l’Université Paris-Est-Créteil-Val-de-Marne en 1991 et devient professeur adjoint à l’Université de Ouagadougou. ÉCRITURE, CONDITION FÉMININE ET MÉDIAS Entre 1992 et 1995, tout en enseignant à l’Université de Ouagadougou, Monique Ilboudo se consacre également à l’écriture. Elle est l’auteure de la chronique « Féminin pluriel » dans le quotidien L’Observateur Paalga. Dans le même temps, elle crée Qui-vive, l’observatoire de la condition de la femme burkinabè. Elle est aussi membre fondatrice du Conseil supérieur de l’information de 1995 à 2000. En 1994, elle intervient dans le documentaire « Femmes aux yeux ouverts » de la réalisatrice togolaise Anne-Laure Folly, où elle aborde les rapports de genre, la sexualité, la procréation et les risques liés au VIH/sida dans les sociétés africaines. ÉCRIRE LA MÉMOIRE En 1998, Monique Ilboudo participe à une résidence d’écriture à Kigali aux côtés de plusieurs écrivains africains, autour du thème de l’écriture et du devoir de mémoire après le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994. De cette expérience naît notamment « Murekatete », un roman centré sur une survivante hantée par le souvenir du génocide et sur les difficultés du retour à une vie normale. ENGAGEMENT PUBLIC ET DROITS HUMAINS En 2000, Monique Ilboudo est nommée secrétaire d’État pour la promotion des droits humains. En juin 2002, elle devient ministre de la Promotion des droits humains, fonction qu’elle occupe jusqu’en 2008. Elle devient ensuite ambassadrice du Burkina Faso dans les pays nordiques et baltes. En avril 2011, elle établit des relations diplomatiques avec la Lettonie et, en octobre 2012, présente ses lettres de créance au président letton Andris Bērziņš. UNE ŒUVRE LITTÉRAIRE RECONNUE En 1992, elle reçoit le Grand Prix du Burkina du Meilleur pour « Le Mal de peau ». Le roman, réédité en 2001, aborde notamment l’expérience coloniale, les préjugés, le métissage et les conséquences d’un viol commis par un soldat blanc sur une femme burkinabè. « Murekatete », publié au début des années 2000, prolonge son travail littéraire autour de la mémoire et du génocide des Tutsis au Rwanda. En 2006, elle publie « Droit de cité : être femme au Burkina Faso ». Après son parcours dans les fonctions diplomatiques, elle revient à l’écriture avec notamment « Si loin de ma vie » en 2018 et « Carrefour des veuves » en 2020, deux œuvres ancrées dans le contexte social et politique du Burkina Faso. En 2021, elle rejoint l’association Mots d’Elles, fondée à Ouagadougou pour favoriser l’émergence d’une littérature nationale féminine de qualité. Le parcours de Monique Ilboudo se situe ainsi à la croisée du droit, de la littérature, de la condition féminine, des droits humains et de l’action publique.