Présentation
GALAXIE DES MÉDIATEURS TRADITIONNELS La chefferie au Burkina Faso tire sa légitimité et ses fondements des traditions multiséculaires. Sa gouvernance repose sur les coutumes qui en constituent le socle. Les Chefs supérieurs sont les garants des sceaux ancestraux des terroirs relevant de leur magistère, ainsi que des modes de vie et des systèmes de valeurs hérités de la mémoire collective et transmis au fil des générations. Les noms de règne et les regalias des légitimités coutumières et traditionnelles constituent des symboles forts de leur gouvernance sociale et sociétale. Ils incarnent la continuité des traditions et des rites, initient des prières pour la paix, la prospérité et les bonnes récoltes et répondent aux aspirations spirituelles de leurs communautés respectives. Les chefs traditionnels et coutumiers veillent également au respect des alliances intra et intercommunautaires, à la cohésion sociale, à la promotion des valeurs endogènes et à la préservation de l’authenticité du patrimoine culturel. Ils sont régulièrement sollicités et impliqués dans la résolution des crises et dans la recherche d’un vivre-ensemble harmonieux. LE CONSEIL SUPÉRIEUR DE LA CHEFFERIE COUTUMIÈRE ET TRADITIONNELLE Le Conseil supérieur de la chefferie traditionnelle et coutumière du Burkina Faso a été mis en place comme organe consultatif destiné à renforcer le dialogue entre les autorités coutumières et l’État et à promouvoir les valeurs culturelles et sociales du Burkina Faso. Le Mogho Naaba Baongho II est présenté comme l’une des voix d’autorité du Conseil et comme une référence en matière de médiation, mettant en avant les mécanismes endogènes de prévention, de gestion et de résolution des conflits. En 2014, il a appelé au retour à la paix et à la stabilité après l’insurrection populaire d’octobre. Il a également joué un rôle important dans la résolution de la crise politique de septembre 2015. En juin 2022, le Conseil supérieur de la chefferie traditionnelle et coutumière a publié une déclaration appelant à l’union et à la cohésion face à la crise sécuritaire. Le document évoque le rejet des violences et de l’intolérance et adresse des encouragements et bénédictions aux Forces combattantes engagées dans la lutte contre le terrorisme et la reconquête de l’intégrité du territoire. À la suite du plaidoyer des dépositaires du culte ancestral, le Gouvernement a adopté le 6 mars 2024 un décret instituant la Journée des Coutumes et Traditions, célébrée le 15 mai de chaque année. Cette journée vise notamment à valoriser la spiritualité ancestrale, l’histoire et la diversité culturelle du Burkina Faso ainsi que les valeurs de paix, de cohésion sociale, de dialogue interreligieux et de vivre-ensemble. QUELQUES FIGURES DE LA GALAXIE Sa Majesté le Mogho Naaba Baongho : de son nom Ousmane Congo à l’état civil, il a été intronisé le 21 décembre 1982 sous le nom de règne « Bâongho », signifiant « la vallée » ou « l’oasis ». Il a reçu le premier prix du Centre indépendant de recherches et d’initiatives pour le dialogue en 2017, la distinction d’Ambassadeur du Progrès africain en 2012, le prix CIVIPAX en 2007 et une distinction de l’Universal Peace Federation en 2008. Sa Majesté le Naaba Boussouma : de son nom Karim Donald Ouédraogo, le Dima de Boussouma a été intronisé en 2019 sous le nom de règne Naaba Sigri, signifiant « l’hivernage » ou « la prospérité ». Son impérium est notamment marqué par l’instauration du « Kéogo royal » pour l’imprégnation des plus jeunes dans les valeurs endoculturelles. Sa Majesté Naaba Kiiba de Ouahigouya : Roi du Yatenga, son règne est associé aux cérémonies annuelles Napousum et Nabasga, aux prières et bénédictions pour le pays ainsi qu’à la transmission des enseignements ancestraux. Il a été décoré de la grande médaille des Ambassadeurs de paix universelle. Sa Majesté le Naaba de Tenkodogo : Naaba Guiguem Polé, Dima du Zoungrantenga, a été intronisé en 2016. Il a reçu plusieurs distinctions, dont celles de Chevalier de l’Ordre du Mérite et d’Ambassadeur de Paix Universelle, en lien avec son engagement pour la paix et les traditions. Sa Majesté le Roi du Gulmu : le Roi de Fada N’Gourma Untaanba a été intronisé en 2020 et formellement reconnu comme Souverain unique du Gulmu en 2024. Il place son impérium sous le symbole Untamb, qui signifie « Dieu les a réunis ». Sa Majesté l’Émir du Liptako : Ousmane Amirou Dicko succède à son père en 2011. Il est présenté à la fois comme autorité coutumière suprême et leader spirituel dans la province du Séno, ainsi que comme président du Conseil régional de la chefferie coutumière et traditionnelle du Sahel, engagé dans la promotion de la paix et du vivre-ensemble. Sa Majesté l’Émir de Djibo : Boubacari Dicko, chef de canton de Djibo, a été intronisé en 1987. Le document le présente comme un artisan de paix ayant contribué à la promotion du dialogue intercommunautaire et interreligieux. Il est décédé le 19 novembre 2025. Sa Majesté le Chef de Canton de Pô : Awêpo Guy Michel Yaguibou a été intronisé en 1988 sous le nom de règne « Po Pê Pouatou », ou « l’éléphant des chefs ». Il incarne la notabilité et l’impérium de la chefferie coutumière de sa région. Sa Majesté le Chef de Canton de Bobo-Dioulasso : Siriki Sanou, chef des Bobo Mandarè, a été intronisé en 2015. Gardien du pacte ancestral, il intervient dans des pratiques traditionnelles associées notamment à la paix, à la santé, à la prospérité et à la procréation. Sa Majesté le Chef de Canton de Dédougou : Albert Lombo Dayo a été intronisé en 2004. Il place son impérium sous le signe de la paix et du renforcement des liens intra et intercommunautaires. Il a été élevé au rang de Commandeur de l’Ordre de l’Étalon en reconnaissance de ses efforts pour la cohésion sociale et le développement dans la Boucle du Mouhoun. Sa Majesté le Chef de Canton de Gaoua : Binkoété Albert Oussé a été intronisé en 2022 sous le nom de règne Bifaté II. Il a mis en place un mécanisme de veille permanente contre l’insécurité et ses initiatives en faveur de la paix et de la cohésion sociale sont saluées par l’administration. Sa Majesté le Chef de Canton de Banfora : Aboubacar Gnambon Héma, sous le nom de règne Héma Fadouga II, a été intronisé en avril 2019. Il représente l’autorité traditionnelle et intervient dans la cohésion sociale et le soutien aux actions de développement dans la région des Cascades.